
La récente médiatisation des stars du X est-elle à ton avis positive, quand on voit que dans certaines émissions, elles passent pour de ravissantes idiotes ?
Je ne pense pas qu'elle soit si récente. Il me semble que Tabatha Cash, Laure Sinclair et Rocco avaient eu leurs heures de gloire. Mais il est vrai que depuis le phénomène Clara Morgane il y a sans doute plus d'actrices X sur les plateaux-télé que sur les plateaux de tournage ! Je pense que la médiatisation n'est bonne que si elle est faite intelligemment. Se montrer oui, mais pas n'importe où, n'importe comment. Les médias ne choisissent pas toujours les meilleures représentantes du X et j'ai parfois honte de mon milieu en voyant le comportement de certaines actrices. Certaines filles n'ont pas trop de jugeotte et surtout, elles ne sont pas préparées à faire de la télé, elles débarquent et se font massacrer. C'est cruel de la part des présentateurs mais c'est malheureusement le jeu des médias. Bref, on peut être bon dans son métier et ne pas savoir en parler ; dans ce cas il vaut mieux s'abstenir. C'est aux actrices de faire les bons choix, c'est leur image mais aussi toute la réputation du porno qu'elles mettent en jeu, car les gens généralisent. C'est une sacrée responsabilité.
Comment décrirais-tu ta vie sexuelle en dehors des caméras ? Ta libido est-elle touchée par ton métier ?!
Elle est épanouie. Je prends mon pied devant et hors caméra. Mais c'est récent. De mes débuts dans le X à novembre dernier je n'avais pratiquement de rapports que dans les tournages (d'où mon assiduité au boulot !!). C'était donc au départ déséquilibré puis beaucoup trop extrême. J'ai vécu deux années sans tendresse, sans bisous. Je ne connaissais que les rapports de force, le sexe pour le sexe. C'était bon mais parfois aliénant. Aujourd'hui je répartis mieux travail et intimité (j'ai un petit copain). Ma libido a vécu des hauts et des bas mais en ayant appris à me préserver, elle est de nouveau en pleine forme. Je suis toujours excitée avant une scène, j'ai toujours des fantasmes, et quand je rentre à la maison c'est un bonheur de faire l'amour avec mon chéri !
Construire une carrière américaine, c’est se rapprocher d’un rêve ? Quel est-il ? Quelle est ton ambition en terme de carrière ?
En fait, quand je suis partie aux États-Unis il y a deux ans, je n'aurais jamais espérer y avoir du succès. Je suis à l'opposé du physique et de la mentalité des américaines. Je n'avais pas de rêves sinon d'avoir une reconnaissance en France. J'ai commencé ma carrière sans ambition : je ne voulais pas être médiatisée, je ne pensais pas « argent », je voulais juste tenter une expérience, apprendre, avoir et donner le maximum de plaisir. Au fur et à mesure ma carrière s'est développée et a carrément explosé : j'ai maintenant une reconnaissance partout en Europe, aux États-Unis et fais partie des actrices les plus populaires. Mon ambition est désormais de partager mon vécu et mes fantasmes : c'est-à-dire écrire et réaliser. Les deux projets sont en cours.
Comment est perçu le milieu pornographique aux États-Unis ? Le trouves-tu plus ou moins marginal qu’en France ?
Les États-Unis sont très puritains et cela encourage justement un contre-courant extrême et provoc. Le porno en fait partie tout comme le milieu musical, le cinéma... Les actrices américaines (hormis Jenna Jameson et peut-être Tera Patrick) restent dans leur milieu et ne sont pas comme en France, invitées sur les médias grand public. Mais d'un autre côté, tout est plus professionnel, les acteurs ou actrices ont un vrai statut. Le X est un business comme les autres et fonctionne comme les autres milieux avec les mêmes règles. En France on a d'un côté un « X ambiant » dans un pays soit disant tolérant et démocratique, mais de l'autre nous avons beaucoup de mal à nous faire reconnaître en tant que profession ! Je pense donc que malgré les apparences, le X reste plus marginal en France. On en parle plus pour faire de l'audimat que par ouverture d'esprit.